Tout conte de fées est un miroir magique qui reflète certains aspects de
notre univers intérieur et des démarches qu'exige notre passage de l'immaturité à la maturité. Pour ceux qui se plongent dans ce que le conte de fées a à communiquer, il devient un lac paisible
qui semble d'abord refléter notre image ; mais derrière cette image, nous découvrons bientôt le tumulte intérieur de notre esprit, sa profondeur et la manière de nous mettre en paix avec lui
et le monde extérieur, ce qui nous récompense de nos efforts.
J'avais lu, il y a bien longtemps La psychanalyse des contes de fées et Bettelheim n'avait pas laissé de traces indélébiles. Mais j'en acceptais aujourd'hui le verdict
implacable : je n'avais encore pas passé toutes les étapes de la maturité, et, terrible constat : j'étais bloquée dans un narcissisme solaire insondable et entièrement bouffé aux mythes.
Le narcissisme quand on en était à sa propre quête, c'était une idée qui ne
franchissait pas mes circonvolutions encrassées.
La nouvelle était difficile à avaler, la couleuvre passait le cap de la glotte pour finir dans les poumons : j'allais mourir étouffée par La Belle au bois dormant !
Pour le moment, ils étaient tous autour de moi et j'avais toujours l'estomac noué. Je lisais sans me lasser Marie Walewska.
Je venais donc de prendre une tonne de pommes sur la tête. Etonnez-vous après
ça qu'il y ait des dégâts collatéraux.
Maintenant, allais-je être capable de reconnaître mes amis du bal masqué ? Hécate et mon grand-père allaient se fondre dans le masque et Alfred de Waldersee disparaître dans la Nébuleuse du
Crabe.
«Madame, je suis venu vous demander pourquoi vous ne vous êtes pas prévalue de l’occasion d’accepter l’admiration de notre auguste invité, puisque vous êtes l’une des plus belles fleurs de notre pays. Sans mentionner le plaisir que j’aurais moi-même éprouvé à vous voir de près. Dorénavant, nous devrions nous dévouer entièrement à rendre plaisant et agréable le séjour de ce grand homme sur qui se fondent tous nos espoirs. C’est pourquoi je suis venu vous implorer de ne plus vous cacher, et d’accepter une invitation au bal que je donnerai chez moi. Je présume que vous n’avez pas besoin d’être annoncée. » Il sourit et ajouta : « Nous savons tout, Madame.» J’étais assez déconcertée par son rire espiègle, je rougis. Je ne voulais pas montrer que j’avais compris ce qu’il insinuait.»
Ranger tout ça dans les bonnes cases, de quoi faire de fabuleux mots croisés :
- La CWA n'a jamais existé et donc aucun vol ne s'est écrasé, a fortiori avec des nains, ni aucune troupe de cirque.
- Si mon arrière-grand-père est quelque part au Père-Lachaise, la conservation doit en avoir les traces.
- Oublie la nuit des douves, c'est encore une insurrection pour te déstabiliser.
- On peut lire avec les pieds, je l'ai vu.
- Alice est allée au thé chez les fous et la reine a coupé la tête des valets du jeu de carte.
- La simili-tortue et le dodo dorment chez moi toutes les nuits.
- Le roi et la reine ont eu une fille prénommée Aurore, qui rime avec je dors..
Je savais bien qu'à poser les choses calmement, j'allais retrouver mes petits.
Pas passée loin de la catastrophe cérébrale, ouf !
Je me retrouvais encore au carrefour, qui devenait un ring de boxe. A ma
droite, mademoiselle Alice, tout droit venue du Pays des Merveilles, championne toutes catégories du non sens et de l'intelligence, affûtée par des coaches consacrés. A ma gauche, mademoiselle
Aurore, tout droit sortie du Pays des songes, championne toutes catégories de l'oubli et de l'attente, coachée par un Prince Charmant improbable. Qui allait gagner la partie
?
Trop sommeil pour attendre...
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