Et des antres secrets dispersés dans les bois,
Il me sembla soudain qu'il sortait une voix,
Qui dans mon âme obscure et vaguement sonore
Eveillait un écho comme au fond d'une amphore.
Et les bois sont submergés d’humides sanglots, de tiges muettes, comme des sons de cloches, comme des palpitations. Il devient difficile de lutter quand les grandes branches sont agitées, quand les fils électriques sifflent. Quand sur la mer des tourbillons d'embruns se détachent des crêtes, vous persistez à vouloir avancer dans la tempête et c’est alors que sur vos visages son souffle grave vos masques.
Quand je vous tends la main, vos refusez mon aide. Vous laissez vos instincts vous mener par le bout du nez.
Où suis-je maintenant ? C'est la question que vous posez avec angoisse, mais avec une excitation certaine aussi, face à ces étendues vierges et inconnues qui s'ouvrent à vous. Vous savez seulement que vous n'avez plus le choix et qu'il vous faut aujourd'hui accéder à l'essentiel, renouer avec votre inéluctable et profond destin. Assez tergiversé, c’est le moment d’agir, purement et simplement, de faire le grand plongeon. Plongeon, plongeon, plongeon.
Voilà donc qu'assise, j'entendais des voix. Qu'assise, j'entendais des voix.
Des voix.
Chère Madame et/ou qui/quoi que vous soyez,
Aurore m'informe que par deux fois, la première dans les douves d'un
château ou vous teniez un bal masqué -si tant est que ce genre de bacchanale supporte le vocable- et la deuxième, alors qu'elle attendait patiemment que son carrosse la ramène au logis, vous avez
fait entendre le son de vos paroles fourchues. Vous avez confondu cette fois point de rencontre et croisée des chemins, où le qu'en-dira-t-on vous attribue des pouvoirs à la lumière de la lune.
Je n'écoute jamais les cancans.
Vos pieds sont "démesurés" dites-vous ? Mais Cyrano n'a qu'à bien se tenir avec son nez, car si celui-ci suscita une tirade, vos excroissances cartilagineuses n'en méritent pas moins.
Le temps a certes marqué mon visage, mais la mer est comme un miroir, ce sont des écailles de poisson où attirer la lumière. Vos rides à vous ne sont que les marques de votre perfidie et de votre duplicité. Ne dormez plus avec ce masque qui vous fait bien vilaine figure au réveil. Ou démaquillez-vous avant de vous coucher.
Pour notre part, Aurore, Alice, la Duchesse (si toutefois elle veut bien lâcher Cochonnet) et moi-même partons en randonnée. A chacune sa direction et sachez que les sentiers seront bien gardés, particulièrement ce 23 septembre.
D'ici notre retour, si vous avez d'autres persifflages dans votre
escarcelle, vous aurez tout loisir de vous épancher j'imagine, auprès de quelque chien errant. A ce propos, j'ai croisé aujourd'hui l'un de vos protégés, affublé d'une curieuse minerve. Il ne
faisait que son travail servile de colporter vos ragots, il me semble. S'appellerait-il Pathé Marconi ?
Sur ce, nous avons à faire (gamelles, bidons, chaussettes de rechange, cigarettes).
Je ne vous salue pas.
Conchita
Echo responsable, disaient-ils. J'en avais marre d'avoir cassé le vase de Soissons.
Pour le moment, l’urgence était de remplir les tonneaux de café.
- Olé !
Papa, mais ça n’est vraiment pas le moment !
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