Quelle belle heure que celle suspendue, petites mains agrippées à la pente escarpée du terrier, abrupte et friable. Les ongles usés à force d'escalades, d'escapades, d'algarades et de dérobades.

Elle faisait des chinoiseries, l’heure, parée de ses robes de satin rouge, dont les broderies passées au Miror s'éraillaient au cadran d'une horloge éreintée.

L'attente comptée et décomptée. L'ennui de ces aiguilles forçait le respect. Les cris, les supplications, les soupirs, les déraillements, les éparpillements, rien n'avait de prise, elle était enlisée dans les contretemps, les dividendes de vingt-quatre et de quarante-huit, à dénombrer nos grains de folie dans son sablier étriqué. Avant qu'elle en arrive aux dénominateurs communs, je pouvais faire et refaire le tour du jardin.

Longtemps, je me suis levée de bonheur, pourtant, les pieds chaussés de mes pauvres mules. Les bêtes m’avaient vite abandonnée au détour du chemin. Je me retrouvais à nouveau habillée du manteau de pleine lune. Un manteau de rêves usés, qui avait gardé ses aspérités, comme des orties.

J’avais fait un bon potage à la citrouille ce samedi, crémeux, avec des patates, des carottes, du gruyère, du Boursin (pas trouvé d'ail, la grappe offerte par ma soeur avait vécu sa vie dans la cuisine depuis deux ans).

A Pékin, les rues étaient grouillantes, le temps était au gel,  je devais retrouver la neige, les traces. Je devais retrouver la minute givrée, mais je sentais, dans cet air bridé, l'appel du sens.

 


 


 

L'espace se réduisait.

J'allais passer encore un mauvais quart d'heure, tronçonnée, débitée à cent sous.

L'heure, Sherlock, elle est de marbre. Et vos faux-semblants ce soir dérisoires. Et ces traces dans la neige, une triste plaisanterie.

Je m'appelle Conchita Werther. Votre Watson ? Connais pas.

Par Conchita
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