Effervescence dans le service, ce matin. Le SRPG, la DST, l'INPI, la RATP, le DDT, la NASA,
l'UNESCO, la SPAA, la SPOV, la LPTB avaient élu domicile fixe dans le hall, les escaliers et les cages d'ascenseurs. J'avais profité de la cacophonie pour rejoindre la salle des ordinateurs de pompes
funèbres.
Personne. Un vide inter-sidérant avait envahi ce qui était hier une ruche bien cirée. Les instruments, devenus fous. Scanners, endoscopes et speculum, électro-encéphalogrammes et
autres explorateurs de cavités souterraines, tous, muets. Cliniquement maures, dirait Bernard. Je ne sais pas pourquoi, à ce moment, je pensais à cet imbécile, ce demeuré derrière la porte,
alors que le seul but de mon escapade lui aurait fait rentrer l'iris dans l'orbite. Allez, Bernard, embarquement pour citerne ! Je sais, car mes oreilles en pointe ont piqué ma curiosité. Vous
errez souvent, m'ont-elles persifflé, du côté d'un estaminet où les nectars naissent tard, où les fioles, parées de boas, nues jusqu'aux os, entreprennent les sens de poses lascives, juste pour
vous faire prendre votre misérable étincelle de briquet pour un pétard de quatorze juillet. Alors, la morale, hein, vous pouvez vous la fumer assis sur un champignon, la marquise des orages vous
a à l'oeil, foutriquet !
Aïe, la tablette était bien trop haute pour moi et le clavier une succession de
roches à escalader. La première, blanche et noire était un dos, la seconde enferrée dans les rêts, la troisième se distinguait tout juste des autres à n'être que moitié. Domrémy sifflait la voix.
Il suffisait de régler la hausse et le tir allait porter. Holmes avait raison. Les traces, les empreintes, il fallait que je retrouve les marques, que je
réinvestisse le tirage de cartes, les pré-dictions et les alambics semés sur la route. La route ? Les chemins du ciel étaient balisés pourtant, il y avait l'indicateur Bertrand des sphères
célestes, les horaires était dans les temps, les arrêts jalonnés, les gares estampillées. A quoi tout ça pouvait servir ? L'étang était gelé, les arrêts de rigueur, les gares... Pfff, les gares,
elles se contentaient d'être voix de garage, volume au minimum de surcroît.
Les ordinateurs ordinaient toujours, leurs crincrins moulinaient le vent, les rossignols surinaient les mots de passe-passe et rien d'autre qu'une carte sur l'écran.
Le plan de Londres, que j'avais arpenté, me semblait-il, des siècles durant, ne ressemblait à rien qu'à des entrelacs d'espaces jeunes et verts. Royal Hospital, Paradise Walk, St Leonard Terrace.
Je ne m'étais jamais aventurée aussi loin, l'herbe était bien trop haute.
Et puis, c'était l'heure d'UV. Enfin, l'heure du thé.
Ah, oui, oui, ouiiiii (oui, bon ça va, on a compris, ce n'est plus l'heure. Conchita, put yourself toogether, all will be fine, you know ? Tomorrow is another day).
Pardon à la Compagnie des Chemins de Faire. Sorry, really, really sorry (oui, bon ça va, Conchita. Calme. Piqûre. Pilules.).*
"Tour-nez à gauche. Au-pro-chain-care-full - Tra-ver-sez le rond-point.".
Hi, hi, un rond point ! Fallait pas me prendre non plus pour Wilson, les points carrés, j'en connaissais.
* Ouiiii, Stéphanie est à la piscine, c'est la quilleu, nananère heu
!
Je vais à Londres début mars. Sur les traces de Conchita.
Commentaire n°2
posté par
AppAS
le 10/02/2010 à 11h00
Rendez-vous à Hyde Park, sous le troisième marronier à droite du dernier bouleau. Vous ne pouvez pas vous tromper : quand vous aurez tourné 4 fois à gauche, revenez sur vos pas, c'est là (enfin, je
crois).