Un super attaquant
Laisser cette pauvre Stéph jouer la petite fille aux allumettes, elle allait bien finir par trouver l'exacte surface où s'allonger.
Les halls d'hôpital et leurs
musiquettes lénifiantes
ressemblent à des champs de coquelicots : il suffit de cueillir les fleurs et l'air s'emplit tout à coup d'étamines compressées, silences criants comme de dangereux malfaiteurs, colt au poing et prêts à tirer sur la moindre ombre mouvante et trébuchante. Qui n'a pas sa carte vitale, verte, estampillée d'espoir, photo jaunie et passée au crible du grand angle est un malade en voie de développement, tout juste bon à être jeté en pâture à quelque dragon bienveillant, dégoulinant de bons sentiments, le front proéminent dans l'attente du sésame : le tampon miraculeux du droit de passage.
Passer outre, sortir les poubelles, mesurer les degrés d'angles, les grands écarts, les circonstances, quelle chance elle avait, quelle magie entre les mains, cette pauvre Stéph ! Des allumettes, une à une éteintes. Et dans ce feu de joie, que de gestes engloutis, de mots enluminés, d'idées vite oubliées pour les avoir si peu comprises. Perdues dans les océans, dans les rhumes plus virulents que les alcools, dans les courants d'air dressés au devant des décapotables, qui arrivent, très vite, très vite et nous empêchent de respirer. Je pensais avoir passé les qualifications, mais l'humidité dépassant les 74% m'avait découragée. C'était trop que ces trains à grande vitesse restés à quai à cause des grands froids. Les rails, sans ligne de conduite, sans pilote, sans crayon suffisamment aiguisé pour garder le cap, n'étaient que les vagues ressacs d'une mer épuisée, bien trop occupée de la puissance de ses miroirs.
Les allumettes, il y avait longtemps que j'en rêvais : les briquets sont par trop voraces et épuisants. Ils refusent d'être frottés, ces lampes d'Aladin, qui à la moindre caresse se prennent pour des phares illuminant la planète où se meurent les désirs. Il leur suffirait, qu'à peine couchés sur la feuille de match, ils avancent en rangs serrés, balle au canon, pour exterminer ces rêves, ces neiges, ces traces harassantes à suivre dans les pas des chevaux.
Je n'en pouvais plus de tout ça.
Alice m'avait bel et bien abandonnée. Les autres, à deviser au guichet des admissions, avaient pris leur ticket pour un vol éternel. Les compagnies à bas coût faisaient leur miel des confidences sucrées, des loukoums enrubannés, des tapis de prière déboussolés et autres Zippo grippés.
Bibliothèque aujourd'hui. Lucarne tolérée, signée, accréditée. Bernard lui-même m'avait autorisée à sortir de moi.
"Les chefs arabes se sont mis d'accord pour liquider l'état d'Israël."
"Le scandale du vin : qui a écrit la lettre à Monsieur Gringoire ? C'est un faux, déclare Monsieur Jules Moch."
"Un magasin de volailles explose comme une bombe."
"Pour les beaux yeux de ce Don Juan, Lucienne, la pantouflière, vitriola Ada, demoiselle de petite vertu. Jugement à huitaine."
"Le gang international des pierres précieuses est démasqué. Trois arrestations."
Je me souvenais très bien de ce 22 mai 1948, une naissance, sous le signe des Gémeaux.
Et ce n'était pas une pauvre bulle qui allait me faire croire le contraire. Les naissances dans les bulles, bref, j'en avais assez fait de savon.
Et les pierres précieuses riaient de toutes leurs dents.
Par Conchita
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Commentaires
Depuis le 24 décembre, silence.
Commentaire n°
1
posté par mon chien aussi le 15/01/2010 à 07h55
My Dog frétille à nouveau de l'ha que : il vous a choisi en plus :
veinarde !
Commentaire n°
2
posté par cactus le 15/01/2010 à 11h53
22 mai : le mage est-il sûr de la date ou voit-il trouble à travers les volutes de sa mémoire ...à force d'errer dans les couloirs in-hospitaliers, on finit par devenir éther-é ...
Commentaire n°
3
posté par
Saravati
le 16/01/2010 Ã 00h04
Le mage est sur, oui.
Le 22 mai 1948, on annonçait aussi un "événement" littéraire : la parution d'Autant en emporte le vent, dans France Soir. Depuis, ses visions sont un peu malmenées par la presbytie, mais ses boules de gomme ne sont pas à l'heure qu'il est éthéromanisées. Ah la la, je vous vois plus, tout d'un coup !
Réponse de
Conchita
le 16/01/2010 Ã 00h14
22 mai ? Le mage non clair voyant est-il sûr de son horloge ?
A force d’errer dans les gouloirs in-hospitaliers, on finit par devenir éther-é !
Commentaire n°
4
posté par
Saravati
le 16/01/2010 Ã 00h09
Merci, très chère, pour cette double vue. Je reconnais bien là notre serment de mousquetaire !
Réponse de
Conchita
le 16/01/2010 Ã 00h20
Pardon, je béééégaaaie, l'éther sans doute, aussi, qui emporte l'avant et l'apprêt !
Les miss sans terre (et sans reproche au loin)v auraient-elles remplacé l'i-mage et les boules de gomme ?
Tant que close le computer. Mon cerveau commence à voir des fumerolles ...
Commentaire n°
5
posté par
Saravati
le 16/01/2010 Ã 00h31
Faisez gaffe, j'ai pas éteint mon Zipooooooooooooooo !
Réponse de
Conchita
le 16/01/2010 Ã 00h44
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Ratatiplume ? Poulatiné ?
La photo me fait peur. Pourquoi ?
AppAS
14/07/2010 13:12:04
Ratatiplume ? Poulatiné ?
J'ai essayé de poster un commentaire sur ton new blog mais me voilà toute rataplumée ! Je sors...
Saravati
01/07/2010 23:12:09
Ratatiplume ? Poulatiné ?
Si vous connaissez Soeur Marie-Thérèse des Batignolles, alors vous savez que vos costauds lui...
Anna de Sandre
01/07/2010 11:37:55
Ratatiplume ? Poulatiné ?
Le titre me fait bien rigoler :o) Et puis les Batignolles, je l'associe toujours à Soeur...
Anna de Sandre
19/06/2010 13:27:35
Toile
Ah ah ah.... vous avez le sens du burlesque et du détournement des phrases toutes faites pour...
mon chien aussi
16/06/2010 18:52:06
André Messager
C'est charmant, frais et presque champêtre...ça ressemble à la toile de Jouy de la chambre...
Volcane
14/06/2010 16:35:36
Soleil vert
vivi !
cactus
14/06/2010 16:09:36
Soleil vert
je suis si sot si son moi ! Sissi !
cactus
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veinarde !
A force d’errer dans les gouloirs in-hospitaliers, on finit par devenir éther-é !
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